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El Hadji Seydou Nourou Tall

Khalife #2

El Hadji Seydou Nourou Tall

Khalife de la famille omarienne

  • 18681980
  • Fils de Nourou Tall, petit-fils d'El Hadj Oumar Foutiyou Tall.

« Je te livre une autorisation sans condition, perpétuelle ; mieux ta place, à mes côtés, est celle d'Ali et d'Abou Bakr à côté du Prophète (Psl) et celle de Aaron à côté de Moïse ».

Petit-fils de Cheikh Oumar Al Foutiyou Tall, né vers 1868. Disciple de Seydil Hadji Malick Sy de Tivaouane, grande figure de la Tijaniyya omarienne, médiateur respecté et « directeur de conscience » des populations musulmanes d'Afrique de l'Ouest. Rappelé à Dieu le 25 janvier 1980.

Origines et lignée

El Hadji Seydou Nourou Tall serait né en l'an 1868, c'est-à-dire quatre ans après la disparition de son noble aïeul Cheikh Oumar Al Foutiyou, en 1864.

Il est le fils de Nourou Tall et d'Aïssata Kamissoko (fille du roi de Gadugu), originaire du cercle de Kita (Mali actuel) ; son nom est rattaché à ceux plus prestigieux de l'Islam ouest africain : El Hadji Oumar (par son père), Mouhamed Bello (par sa grand-mère maternelle) et Soundiata, de façon plus légendaire (par sa mère).

La quête du savoir

Il étudia auprès des marabouts tijani, enseignants du Soudan français. Puis, sa quête du savoir l'amena à quitter sa patrie pour le sud de la Mauritanie, à Boghé, où il s'initia au droit islamique aux côtés du cadi Ahmadou Moukhtar Sakho (Rta). Par sa dévotion, Seydou Nourou était devenu l'homme de confiance de son maître. Ce dernier lui avait confié la gestion de ses champs, de sa bibliothèque et l'entretien de sa demeure familiale, « Galle Mawdo ».

Alors qu'il était désigné pour reprendre la direction de l'école « le Dudal Galle Sakhobe », Seydou Nourou Tall (Rta) décida de se rendre à Saint-Louis du Sénégal auprès de Serigne Babacar Sy (Rta) qui l'introduisit auprès de son père, Seydil Hadji Malick Sy (Rta).

La rencontre avec Seydil Hadji Malick Sy

Sa rencontre avec le saint homme relève du destin de Dieu. À l'époque, Thierno avait dépassé la cinquantaine. Son maître devant s'absenter pour un voyage, lui avait confié provisoirement la direction collégiale de l'école, avec un autre grand disciple. Durant cette période, l'école fut saisie d'une consultation juridique sur un problème d'héritage : Seydou Nourou et son co-directeur du moment émirent des avis différents sur la question. Interpellé pour départager les deux hommes, Seydil Hadji Malick Sy (Rta) magnifia la pertinence des deux avis, mais donna raison à Seydou Nourou.

Au retour du voyage de Ahmadou Moukhtar Sakho, Seydou Nourou lui manifesta son désir d'aller retrouver ce nouveau maître. Après discussions, le maître Sakho lui donna sa bénédiction et lui remit une lettre d'introduction auprès de Seydil Hadji Malick Sy (Rta).

L'ijâza : une confiance scellée

Par sa dévotion et son engagement, Seydou Nourou était devenu l'homme de confiance de son maître spirituel, Seydil Hadji Malick Sy. Ce dernier avait écrit sur le diplôme de capacitation (ijaza), qu'il lui avait délivré, ce qui suit :

« Je te livre une autorisation sans condition, perpétuelle ; mieux ta place, à mes côtés, est celle d'Ali et d'Abou Bakr à côté du Prophète (Psl) et celle de Aaron à côté de Moïse ».

Au soir de sa vie, le sage de Tivaouane avait confié sa famille à Thierno Seydou. Écoutons, sur ce chapitre, le témoignage de Mawlana Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh dans son « Diwan » : « Le Shaykh El Hadji Malick Sy appela un jour Thierno Seydou, Cheikhal Khalifa et El Hadji Mansour, avant son départ pour la demeure éternelle. Il prit la main de chacun d'eux, les posa l'une sur l'autre, et leur dit : « Je vous mets en garde contre tout désaccord entre vous, et toute séparation après moi ». Il ordonna ainsi au khalife Ababacar Sy de n'avoir aucun désaccord avec El Hadji Thierno Seydou, de même à El Hadji Mansour de leur obéir et de reconnaître leurs droits à l'autorité ».

Une autorité spirituelle reconnue

À la suite du rappel à Dieu de son maître spirituel, le prestige de Thierno Seydou ne cessait de croître auprès des populations musulmanes de l'Afrique de l'ouest. Bien qu'il n'eût aucune fonction officielle, Thierno Seydou était traité comme une personnalité publique qu'il convenait d'honorer. Il était de toutes les réceptions. Les différents ministres de la France d'Outre-mer, les gouverneurs généraux de l'AOF et, plus tard, les politiciens sénégalais l'appelaient en consultation. Son influence s'étendait à tous les fidèles de la tijaniya omarienne au Soudan comme au Sénégal. Les marabouts peuls et toucouleurs du Fouta-Toro, la chefferie du Fouta Djallon de la Guinée, du pays djerma nigérien, un grand nombre d'évolués de Dakar et des pays soudanais le reconnaissaient comme « directeur de conscience ».

Fort de cette reconnaissance quasi-officielle, Thierno Seydou assura un rôle de médiateur utile entre les autorités coloniales de l'époque et les populations. En effet, les chefs de canton, discrédités par leur violence et l'arbitraire de leurs actes, jouissaient de peu d'autorité sur les populations. Ces dernières se soumettaient plus volontiers aux figures religieuses qu'elles considéraient comme des guides spirituels, des défenseurs des opprimés.

Le rappel à Dieu

El Hadji Seydou Nourou Tall disparut le vendredi 25 janvier 1980. Il fut enterré dans l'ancienne maison des jeunes située sur la corniche à l'angle avec l'avenue El Hadji Malick Sy (n'est-ce pas là un signe du destin ?). Son mausolée jouxte la mosquée omarienne.