Le fils aîné de Cheikh Oumar
Ahmadou Cheikhou Tall serait né le 21 juin 1836 à Sokoto. Fils aîné de Cheikh Oumar, il se maintint à Ségou, sur les rives du fleuve Niger, après la disparition de son père en 1864. Les chroniqueurs de l'époque le décrivent comme un homme intelligent, cultivé, profondément attaché au savoir et doté d'une grande maîtrise des sciences religieuses et littéraires. Il régna sur l'Empire toucouleur de Ségou, dans l'actuel Mali, de 1864 à 1890.
Une succession révélée
Sentant que l'heure de son retrait dans les champs du djihad approchait, El Hadji Oumar Tall entreprit une retraite spirituelle afin de connaître celui qui devait lui succéder. Selon la tradition rapportée, la volonté divine lui révéla que ce privilège revenait à son fils Ahmadou. Craignant cependant que ses compagnons n'interprètent ce choix comme une simple préférence familiale, il demanda aux plus grands savants et guides religieux de son Konu (troupe) d'effectuer eux aussi une retraite spirituelle afin d'identifier le futur successeur. Le résultat fut unanime : tous désignèrent Ahmadou Cheikhou Tall.
Le signe des ablutions
Dans le souci de montrer davantage que cette désignation relevait de la volonté suprême, El Hadji Oumar Tall interrogea un jour ses compagnons en ces termes : « Lequel d'entre vous a conservé ses ablutions depuis trois jours sans les renouveler ? » Seul Ahmadou Cheikhou Tall répondit à cet appel, renforçant ainsi, aux yeux des disciples et des savants, les signes de sa distinction spirituelle.
La résistance face à la France
Entre 1879 et 1880, Ahmadou Tall retint pendant près d'une année une mission française, refusant catégoriquement de signer un traité reconnaissant le protectorat français. Après une période de relations relativement pacifiques avec la France, il reprit les hostilités vers 1887-1888 à travers plusieurs raids et opérations de résistance. Toutefois, face à l'avancée militaire française, il fut contraint à l'exil en 1890.
Fidèle jusqu'à la fin
Malgré cette situation, Ahmadou Cheikhou Tall poursuivit la résistance à Nioro puis au Macina, demeurant fidèle à son combat jusqu'à la fin de sa vie. Il mourut en 1898 dans la province de Sokoto, terre d'origine de sa mère, sans jamais se soumettre à la domination coloniale.

